Que faire des accusations contre Yogi Bhajan ?

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Que faire des accusations contre Yogi Bhajan ?

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Les récentes révélations autour de Yogi Bhajan, maître du Kundalini Yoga tel qu’on le connaît en Occident, nous donne l’opportunité d’une méditation collective sur le vide.

L’érosion du personnage du maître, et les fissures qui en résultent déjà dans la sangat (communauté des pratiquant·e·s), nous donne à voir ce qui reste des enseignements au-delà de la personnalité magnétique qui nous les a transmis.

En tant que jeune enseignant, j’ai commencé le Kundalini Yoga en 2015, soit déjà plus de dix ans après la mort de Yogi Bhajan. Ma relation avec lui se résume à ce que m’en ont dit mes professeurs, mon expérience des kriyas qu’il a enseigné, et les manuels et les vidéos qui retranscrivent ses milliers de conférences.

Les récentes accusations d’abus sexuels à son encontre de la part de son entourage proche (secrétaires notamment) me choquent mais ne me surprennent pas plus que cela. En fait, elles s’inscrivent dans un mouvement beaucoup plus global, qui va bien au-delà du microcosme du Kundalini Yoga..

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Les accusations de viol, d’abus, d’emprise physique et psychologique prononcées à l’encontre du maître indien font écho au mot près à celles actuellement en cours d’examen dans le monde du cinéma français.

La différence de taille est qu’aujourd’hui, rien ne peut rester sous le tapis : la transparence est telle que la pression fait sortir au grand jour les blessures les plus enfouies. Le courage des femmes qui commencent peu à peu à sortir du silence est colossal : au-delà de leur situation personnelle, ce sont des millénaires d’oppression du féminin par le masculin qu’elles viennent pointer du doigt et remettre en question.

Et pour beaucoup, nous ne sommes pas prêt·e·s à entendre ces nouvelles voix. Les dénigrer, remettre en question leur crédibilité, les renvoyer à leur propre responsabilité font partie des stratégies utilisées pour minimiser l’impact de ces paroles.

La secrétaire de Yogi Bhajan a-t-elle menti, conspiré, dirigée par des forces obscures qui veulent  nuire à l’héritage du maître ? Est-elle crédible du fait de son revirement de situation où elle est venue demander sa réintégration dans la communauté des années après que les premières accusations aient été jugées aux USA ?

Le maître est-il un homme puissant et manipulateur qui a abusé de ses pouvoirs, n’appliquant pas les enseignements qu’il dispensait à tout le monde dans sa propre sphère intime, causant des dégâts importants au niveau émotionnel dans son entourage le plus proche ?

Sur ces questions, seule la justice et les commissions d’enquête qui ont été créées par les institutions du Kundalini Yoga peuvent trancher. Ce n’est pas à nous de nous prononcer dès maintenant, sur la base d’informations totalement incomplètes.

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En revanche, le travail qui nous est demandé à chacun·e, et ce dès aujourd’hui, sans attendre les résultats d’une enquête ou d’une autre, est bien plus important.

Le maître était en fait un homme, avec ses faiblesses et ses failles. Observer sa part d’ombre exposée au grand jour nous oblige à faire un examen de conscience particulièrement inconfortable : quelle est la part de moi qui résonne avec ses accusations, et qui souhaite à tout prix mettre à distance la personne ciblée ?

Brûler les photos de Yogi Bhajan, le retirer de nos manuels ou de nos sites internets est une solution pour commencer à faire le deuil d’une référence qui n’est peut-être aujourd’hui plus tenable. Mais cela ne doit pas nous empêcher de vraiment regarder, à échelle individuelle et collective, quelle part de nous est en réaction aussi forte avec ces accusations.

À son arrivée aux États-Unis en 1968, il apporte exactement ce dont les hippies de l’époque ont besoin : un référentiel supérieur, des réponses sur le plan spirituel, des structures collectives pour apprendre la vie en communauté, un sens du service aux autres, un mode de vie sain et des pratiques pour centrer et canaliser l’influx énorme d’énergie qui vient avec la libération sexuelle.

La question qui se pose plus de cinquante ans après est la suivante : aujourd’hui, de quoi avons-nous besoin ?

Si le maître n’est plus la référence immaculée à laquelle nous pouvons nous référer sans aucun doute, que nous reste-t-il ?

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Le système dans lequel nous vivons, sur le plan politique, écologique, économique et social, est arrivé à bout de souffle. L’effondrement qui est évoqué largement aujourd’hui est aussi celui de toutes les structures mentales qui nous rassurait par leur forme figée : le couple, l’institution, la démocratie, la communauté spirituelle..

La figure rassurante du père spirituel, qui détient les réponses et règle tous les soucis, est en train de s’effondrer aussi. Qu’il ai ou non commis ce qui lui est reproché aujourd’hui ne change rien à la brèche qui s’est ouverte : le référentiel n’est plus.

C’est ce grand saut dans le vide qui nous est demandé à titre collectif, et en tant qu’enseignant·e, et en tant que pratiquant·e. Est-ce que je suis capable d’accepter que je ne sais rien, que tout ce que je croyais connaître n’est plus, que mes certitudes n’ont plus de prise aujourd’hui ?

Le vide abyssal qui se crée en contemplant ces questions n’a même pas vocation à être rempli par une nouvelle forme. La nouvelle forme, c’est l’absence de forme.

Comment composer avec ça ? Comment ma pratique personnelle peut-elle devenir mon seul point d’ancrage ? Comment puis-je accepter que ma nouvelle et unique référence est le vide ?

En tant qu’enseignant·e de yoga, je ne peux continuer à enseigner que si j’ai l’humilité d’admettre que je n’ai AUCUNE idée de la forme que peuvent prendre les enseignements aujourd’hui.

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Obéir aveuglément à un maître spirituel, le servir sans douter et sans discuter, est un aspect présent sur de nombreux chemins spirituels. Le but n’est pas de créer des moutons mais bien d’apprendre en fin de compte à écouter notre voix intérieure, et de la suivre même si ce qu’elle dit est inconfortable, confrontant, ou même contraire à tous les signaux extérieurs.

C’est être complètement au service de ce qui est là, maintenant. Si la personne de Yogi Bhajan est attaquée et s’effondre devant nos yeux, c’est un message très clair : nous n’avons plus besoin du père pour nous tenir la main. En tant que communauté spirituelle, nous pouvons enfin sortir de l’enfance et apprendre à marcher par nous-même.

La remise en cause de l’autorité des figures de référence est une étape essentielle et normale; mais ne nous perdons pas dans des escalades émotionnelles qui ne font que nous distraire un peu plus du message originel. C’est une opportunité précieuse, un cadeau qui nous est fait ici. Nous pouvons enfin apprendre à fonctionner avec notre système sensoriel comme boussole, et ne suivre que ce dont nous faisons vraiment l’expérience.

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Yogi Bhajan n’a pas cessé de répéter : ne m’aimez pas, aimez les enseignements. Et devenez dix fois meilleurs que moi. C’est aujourd’hui que nous pouvons voir si nous avons vraiment intégré cet enseignement primordial.

Focaliser sur la personne de Yogi Bhajan, dans la fascination ou la répulsion, de son vivant ou après sa mort, nous empêche tout simplement de voir le maître en chacun·e de nous.

Après quarante ans à enseigner quinze heures par jour sur tous les continents, l’image de l’homme est en train de s’effacer, pour que nous puissions enfin voir clair à travers l’épaisse couche de projections collectives qui l’avait créée. Le sacrifice ultime du maître ?

Au-delà de l’homme, la richesse de ce qu’il a transmit est au-delà des mots, et nous en avons encore pour des dizaines d’années à explorer et pratiquer tout ce qu’il a pu nous donner. Renier ces enseignements immémoriaux, qui remontent jusqu’à Guru Nanak et même au-delà, serait se couper d’une partie essentielle de la richesse spirituelle dont nous avons grandement besoin.

Yogi Bhajan a également répété ceci à qui voulait bien l’entendre : « Je suis venu avec une mission, emmener mes étudiants vers le Guru. Ensuite, mon travail est terminé : à eux d’atteindre tranquillement leur destination. »

Utiliser cette situation pour renier la partie des enseignement du Kundalini Yoga qui dérange, le Siri Guru Granth Sahib, les rituels et mantras liés au Sikh Dharma, comporte également un risque : le Shabd Guru reste l’un des chemins les plus directs qu’on connaisse en tant qu’humanité pour accéder immédiatement à notre nature divine.

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Une autre implication forte de ce nouveau développement : la fin de la verticalité dans la transmission des enseignements. La personne de Yogi Bhajan seule venait canaliser et orienter une quantité d’informations énorme, qui passait exclusivement par son système, jusqu’à épuiser complètement ses organes et son corps physique. Si cet axe vertical n’est plus, alors une tout autre dynamique s’enclenche : nous devenons chacun·e les enseignante·s les un·es des autres.

Et nous portons la responsabilité de maintenir la Chaîne d’Or à un niveau collectif, beaucoup plus horizontal. La sangat peut s’en trouver renforcée et peut même devenir le garde-fou vital pour éviter toutes les dérives liées à la disparition de la figure du maître charismatique.

Sommes-nous prêts à prendre cette responsabilité à échelle collective ? La capacité de se sacrifier totalement pour les enseignements, qui est une des qualités qu’a incarnée très fortement Yogi Bhajan tout au long de sa vie, repose maintenant sur nous.

C’est donc un moment crucial pour la sangat : elle peut très bien se diviser et disparaître dans les querelles autour de l’héritage qui subsiste des enseignements, le « Pour ou Contre Yogi Bhajan ».

Ou bien elle peut naître véritablement pour la première fois autour d’un référentiel commun et complètement nouveau : je suis complètement seul, il n’y a plus personne pour me guider et me prendre la main, et reconnaître cela c’est la condition essentielle pour que je puisse entrer vraiment en relation.

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Que nous reste-t-il des enseignements dans ces conditions ?

La première chose qui vient est cette phrase du Japji Sahib.

« Par l’écoute profonde, toutes les souffrances peuvent disparaître ».

De nombreuses victimes ont aujourd’hui besoin d’être entendues, reconnues, et acceptées, pour qu’elles puissent entamer le travail de deuil et de reconstruction qui est nécessaire.

Notre devoir est de pouvoir les entendre vraiment, en ouvrant un espace d’écoute tellement vaste que tout peut se déposer à l’intérieur. C’est la seule voie de guérison possible.

L’autre versant de la médaille, bien que très inconfortable, est aussi de faire le point honnêtement sur les parties de nous qui tendent vers l’abus, le contrôle, l’attachement et la prise sur l’autre. En reconnaissant ces parties à l’intérieur, nous n’auront plus besoin de les pointer du doigt à l’extérieur.

C’est en développant cette capacité d’écoute profonde que nous pourrons au final intégrer toutes les polarités et les laisser exister pour ce qu’elles sont, sans chercher à les modifier ou à leur coller des étiquettes.

La route est longue. Il nous suffit de faire le premier pas.

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